La Commanderie de Coulommiers

Textes et photographies : © Alain GALLAIS

    Sommaire des pages sur ce thème:
  1. la présentation du site (page actuelle)
  2. la banque d'images
France, département de Seine et Marne

France, département de Seine et Marne, à 60 Km à l'est de Paris.

La Commanderie de Coulommiers

D'hier à aujourd'hui

Remerciements à

  1. L'Association ATAGRIF ,Commanderie des Templiers 77120 Coulommiers
  2. Jean Frédéric BERGER
  3. Sophie et Michel LEBLANC, Fabrice MICHEL
  4. Ainsi que toute l'équipe participante au sauvetage de ce prestigieux patrimoine, qui m'ont autorisé les lieux, pour les photos, et leurs cahiers pour les écrits.

COULOMMIERS est située en Seine et Marne (77) à 60 Km à l'Est de PARIS.
Le monument, une des dernières commanderies templières aussi bien conservée en Ile de France, comprend des bâtiments de ferme, un logis du Commandeur du 15e siècle, une chapelle du 13e siècle.

Thibault II, comte de Champagne et de Brie, seigneur de Coulommiers, donna aux Templiers dont l'institution venait d'être reconnue en 1128, cette commanderie qui a connu sept siècles d'occupation humaine incessante en tant que domaine agricole.

Ces lieux dit " Les biens de Montbillard ", ancien château fort détruit en 978, sous le règne de Lothaire.
Plus de soixante années après la mise en possession des chevaliers du Temple, la ferme ou grange fut établie près des ruines du château. On construisit une chapelle et cet endroit fut appelé " Le Temple " .
A partir du 15e siècle, ce monastère Templier devient propriété des moines Hospitaliers de l'ordre de saint Jean de Jérusalem. A la fin de la révolution, il est vendu comme bien national et échappe une première fois à la démolition.


Les Propriétaires de la Commanderie au fil des temps:

  1. Entre 1128 et 1307 :Les Templiers prennent possession des terres du Montbillard et construisent les premiers bâtiments de la Commanderie. Ils sont arrêtés et leurs biens sont mis sous séquestre en 1307.
  2. Entre 1307 et les années 1310 : La Commanderie passe sous la gestion de Gillon Barillat, Prévôt du Roi.
  3. Du 15e siècle à 1789 : Les Hospitaliers récupèrent la Commanderie de Coulommiers après la guerre de cent ans. Celle-ci est rattachée au Grand Prieuré de France entre 1479 et 1555.
  4. Entre 1789 et 1790 : La Commanderie est saisie par l'Etat comme bien national, puis vendue à Pierre Josse, cultivateur.
  5. De 1790 à 1964 : Plusieurs propriétaires se succèdent à la possession de la ferme de l'Hôpital.
  6. En 1964 : La ferme est vendue à la commune de Coulommiers.
Les Templiers

De tradition d'historien, la Commanderie de Coulommiers fut Fondée peu de temps après la création de l'ordre du Temple en 1128.
Les terres du Montbillard, sur lesquelles se trouve le site, furent données aux Templiers par Thibault II, comte de Champagne et de Brie.
Les Templiers reçoivent de la sorte un ensemble de donations de terres, très éparpillées, qu'ils s'efforcent, dans un premier temps, de rassembler en parcelles cohérentes pour pouvoir les cultiver et en tirer des bénéfices.
On trouve ainsi des propriétés Templières dans les villages alentours et dans Coulommiers même sous la forme de maisons ou de moulins.
Tous les bénéfices dégagés des récoltes sur ces terres servaient à l'Ordre du Temple pour financer son activité militaire durant les croisades en Terre Sainte.
Mais après la chute de Jérusalem et la défaite des croisés, les Templiers s'établirent définitivement dans leurs Commanderies d'Europe et continuèrent d'accroître leur patrimoine foncier.
Les bénéfices ainsi accumulés, et leur puissance grandissante, amenèrent le roi de France Philippe IV le Bel à ordonner l'arrestation des Templiers de France en octobre 1307.
A Coulommiers, le Prévôt du Roi, Gillon Barillat, ainsi que trois frères de l'ordre, alors seuls résidents sur le site, furent arrêtés et interrogés .

Les Ordres Religieux Militaires

Apparus durant les croisades, les ordres religieux militaires sont nés du souci constant de protection des pèlerins, des lieux saints et des frontières de Terre Sainte.
Les ordres les plus connus et les plus actifs en Palestine furent l'Ordre de l'Hôpital, l'Ordre du Temple, l'Ordre des Teutoniques et l'Ordre du Saint-Sépulcre.
Les Templiers furent créés, vers 1127, par une dizaine de chevaliers français menés par Hugues de Payns. Ils furent reconnus officiellement par l'Eglise, lors du concile de Troyes, en 1128, leur activité se voulant désormais essentiellement orientée vers la défense permanente de la Terre Sainte.
Mais une telle mission demandait énormément d'hommes et d'argent. Dans le but de pouvoir développer leur ordre, tant en effectifs, qu'en biens fonciers suffisamment rentables pour les financer, les Templiers, de même que les Hospitaliers, installèrent, partout en Europe, des établissements, à la fois, religieux et agricoles, basés sur les donations des fidèles : Les Commanderies.
Ces unités de base, de l'organisation des ordres religieux militaires, sont vite devenues des centres de brassage humain et financier indispensables.


Les Hospitaliers

Après l'arrestation des Templiers, toutes les commanderies et propriétés de l'Ordre du Temple passèrent aux mains des Hospitaliers, appelés aussi les chevaliers de Malte, sur décision du Pape.
D'après Eugène Mannier, ils prirent possession de la commanderie de Coulommiers au 15e siècle, après la guerre de cents Ans, ils entreprirent de vastes travaux pour la rénover, notamment pour refaire le logis selon les modes et styles de la renaissance.


La Commanderie ou le Fief de L'Hôpital

L'Appellation " Commanderie " n'apparaît dans les documents qu'a partir de l'époque d'occupation hospitalière du site.
La Commanderie de Coulommiers conserve à peu prés le même statut et la même fonction d'établissement religieux et agricole qu'elle avait à l'époque Templière.
Cependant elle est désormais appelée " L'Hôpital " en référence à leur propriétaire : l'Ordre du même nom.
La " Commanderie de l'Hôpital " change néanmoins de statuts au début du 18e siècle lorsque les Hospitaliers commencent à trouver le lieu trop vétuste et déplacent leur maison-mere sur leur ancienne Commanderie de Maisonneuve, prés de Coulommiers.
" L'Hôpital " devient à ce moment une simple dépendance, ou " fief de L'Hôpital ", entretenue par des fermiers mais gérée depuis Maisonneuve.


Le patrimoine Templiers a Coulommiers

La partie la plus ancienne du site, qui remonte à l'époque Templière, se situe en fond de cour. Elle comporte quatre éléments principaux :
  1. La salle du chapitre
  2. La chapelle
  3. Le Logis
  4. La cave
La salle du chapitre et la chapelle

La salle du chapitre, telle qu'elle est baptisée actuellement, date du 12ème siècle à en juger par sa voûte d'arêtes et ses murs aveugles de style roman.
Elle était certainement plus grande à l'origine et s'étendait sur tout le bâtiment.
On trouve encore un montant de l'ancienne porte d'accès dans la maçonnerie à proximité de la tour du pigeonnier.
Nous supposons que cette salle servait à la réunion hebdomadaire de la communauté des Templiers de la commanderie, réunion durant laquelle étaient jugées les affaires concernant la communauté ou les fautes des frères.

La chapelle est postérieure et de style gothique. Mais il se peut qu'elle fut construite tout d'abord au 12ème siècle de style roman puis reconstruite au 13ème siècle de style gothique, peut-être suite à un incendie d'après le récit d'historiens locaux. La chapelle est rectangulaire, avec un chevet plat et une décoration très simple, comportant cependant des fresques à vocation spirituelle.
Ce style très dépouillé correspond à la conception religieuse de l'Ordre du Temple qui privilégiait la prière à l'embellissement de ses lieux de culte. La décoration fut entièrement refaite à l'époque hospitalière mais nous n'en avons conservé que très peu de traces sinon une description détaillée en 1850 par un érudit Columérien : Anatole Dauvergne.

Le logis

Le logis fut construit à l'époque Templière mais son état actuel est issu de nombreuses transformations au fil des siècles. La maçonnerie en pierre meulière ainsi que des traces d'anciennes portes et fenêtres nous donnent une idée de son état d'origine.
Le logis d'origine devait être deux fois plus grand et s'étendait vers le Nord. L'ancien conduit de cheminée, encore bien visible sur la façade, se trouvait alors au centre du bâtiment. L'accès aux étages se faisait par un ou deux escaliers dont nous avons encore la trace à l'angle Sud-est.
Les portes et les fenêtres etaient en arc brisé et se disposaient sur les façades Est et ouest. Nous n'avons aucune trace de la structure interne d'origine. Cependant, la disposition des anciennes portes nous laisse supposer que la façade principale du logis était à l'Est à l'époque Templière.

La cave

De l'époque Templière, la commanderie conserve également une cave dont il reste deux salles.
Celle du fond est une salle voûtée datant vraisemblablement du 12ème siècle.
Le fond est totalement effondré mais la cave devait certainement se prolonger, voire être utilisée comme un souterrain de refuge ou d'évacuation, débouchant juste derrière la commanderie, en cas d'attaque du lieu.
Une opération archéologique permettrait de répondre à ces questions.
Beaucoup de légendes ont entouré ce souterrain comme tant d'autres souterrains de bâtiments médiévaux. La légende locale raconte que le souterrain partait de la chapelle pour déboucher sur la place du marché de la ville basse de Coulommiers. Même si ces histoires sont souvent sans fondement, le fait de disposer d'une issue de secours dans un château ou un monastère était très courant au Moyen Age


La Preceptorie ou Maison

Le mot " commanderie " est un terme générique que les historiens ont donné à l'ensemble des établissements Templiers d'Europe, or ce mot n'apparaît qu'à la fin du Moyen Age.
Auparavant, des termes très divers étaient employés pour qualifier ces établissements : ils variaient selon les régions d'implantation des sites Templiers et trouvaient une appellation selon la langue locale.
Ce principe permettait aux Templiers d'affirmer leur attachement local et leur volonté de proximité vis-à-vis de leurs voisins, seigneurs ou paysans.
On retrouve cependant des constantes dans les appellations latines utilisées dans les documents officiels et les actes de transaction de terres.
Les plus fréquents sont " domus ", signifiant " maison " du Temple, ou encore " preceptoria ", la " préceptorie ".
Ces termes n'étaient cependant pas utilisés communément dans les langues vulgaires.


Le patrimoine fermier


Les Granges et la porcherie

On peut supposer que la plupart des granges furent construites dans le courant du 19e Siècle afin de bâtir en dur tout l'ensemble du corps de ferme qui devait auparavant mêler les constructions en pierre et les constructions en bois.
La porcherie, construite à la même époque marque bien la nouvelle fonction donnée à la commanderie car elle est placée précisément du coté des anciens bâtiments conventuels, désormais utilisés à des vocations agricoles.
Deux de ces murs attestent par leur épaisseur de la réutilisation de bâtiments plus anciens.

Le jardin

Il ne reste absolument plus rien du jardin d'origine utilisé à l'époque de la ferme et peut-être déjà présent aux époques antérieures. C'etait un pré clos comportant une partie en jardin et vergers, entouré d'un mur d'enceinte et disposant de murs intérieurs pour le diviser en parcelles, ainsi que deux puits. Les restes de ce jardin, ainsi que le mur qui l'entourait, furent détruits, en 1984.
Avec la création du jardin médiéval, en 1993, une partie du mur d'enceinte et l'un des puits ont été reconstruits.


Le patrimoine hospitalier

En arrivant sur les lieux en plein cœur de la Renaissance et au moment d'une aisance foncière et économique de la commanderie, l'ordre de l'Hôpital ou ordre de Malte contribue de façon importante à l'agrandissement et à l'embellissement du site.

Les façades et l'intérieur du logis.

Ce sont de loin les travaux de rénovation les plus importants sur le site pour cette époque, certainement effectués pour réparer les dégâts causés sur le logis par la guerre de cent ans. L'aspect extérieur est profondément modifié par l'apposition de fenêtres à meneaux et le rajout de la tour sur la façade Ouest. De même, les planchers, les cloisons ainsi que la charpente ont été refaits au 16e Siècle sous le commandeur hospitalier Bertrand de Cluys.
Les travaux effectués furent très vastes. On perça de grandes brèches dans les façades pour refaire les fenêtres et la maçonnerie en briques et pierres de tailles. La tour fut construite pour accueillir un large escalier pour remplacer celui de l'époque Templière qui était beaucoup trop étroit et mal situé. Enfin, la structure interne fut composée de cloisons formées par un assemblage de poutres et de briques enduites au plâtre. Mais ces transformations ambitieuses, tout en étant fonctionnelles, posèrent à la longue un sérieux problème de stabilité à l'édifice dont les façades commencèrent à bouger. Cet état alarmant du lieu de vie même de la communauté hospitalière semble certainement à l'origine du déménagement de l'ordre vers un autre chef-lieu, la commanderie de Maisonneuve.

Le pigeonnier Le pigeonnier fut inséré dans le mur Nord du bâtiment du chapitre vers la fin du 16e Siècle. Il comporte 393 nichoirs en plâtre destinés à accueillir les pigeons du domaine de la commanderie. L'établissement d'un pigeonnier marque surtout une période d'aisance économique de la commanderie puisque tout pigeonnier possède autant de nichoirs que le domaine dispose d'arpents de terres, ce qui correspond pour la commanderie à un domaine d'environ 400 arpents, soit 200 hectares. Un pigeonnier reste surtout une marque de prestige que les hospitaliers ont placée ici afin de démontrer l'importance acquise par leur commanderie.
Ayant été posé à l'emplacement de l'ancienne porte d'accès Templière, au milieu de la façade du bâtiment, le pigeonnier semble être à l'origine de la division de la salle du chapitre en deux pièces désormais distinctes.

La grange aux dîmes

Elle fut construite, au 16e Siècle, à l'extrême Ouest de la cour, à l'opposé de la partie conventuelle et plus ancienne de la commanderie. Elle fut peut-être bâtie sur les bases d'une grange plus ancienne mais cela reste une hypothèse, aucun travail archéologique n'ayant eu lieu. Toujours est-il que cette construction engendra certainement la fermeture progressive du corps de ferme par des bâtiments en pierre.
Au début du siècle, la façade fut détruite par les propriétaires qui voulaient y ranger des engins agricoles. La grange fut entièrement restaurée en 1993. Cependant, le portail actuel ne correspond pas à son apparence d'origine. Une ancienne photo montre que le portail avait un toit en appentis mais sans aucune charpente apparente.


Les Manuscrits


Le cartulaire et les archives de l'ordre de Malte


Dans le but de gérer au mieux les terres qu'ils recevaient en donation, les Templiers ont dû faire un très grand nombre de transactions pour rassembler ces terres en parcelles cohérentes. On trouve donc dans les dépôts d'archives un grand nombre d'actes de donation, de ventes, d'achats, d'échanges de terres, relatifs à cette gestion. Tous ces actes sont généralement rassemblés en cartulaires (recueil de chartes) pour chaque commanderie.
La commanderie de Coulommiers ne dispose pas de véritable cartulaire. Toutes les chartres la concernant demeurent dispersées en actes non reliés.
Néanmoins, les Hospitaliers de Coulommiers en ont dressé un inventaire au 18e Siècle. Ceci nous permet d'avoir une trace postérieure des actes originaux faits par les Templiers, même si certains d'entre eux ont disparu depuis.
Les commanderies Templières, en général, étant passées sous le contrôle des Hospitaliers au 15e Siècle, la plupart des documents relatifs à la gestion des commanderies, même pour l'époque Templière, se trouvent désormais dans le fond d'archives de l'ordre de Malte aux Archives Nationales. Cette information est indispensable si l'on veut pouvoir retrouver des documents relatifs aux commanderies Templières.

Le Procès des Templiers


L'ensemble des Templiers français fut arrêté le 13 Octobre 1307, sur l'ordre du roi de France, Philippe IV le bel.
Les Templiers de coulommiers en firent évidemment partie.
Le procès et les interrogatoires menés sur les chevaliers du Temple sont racontés dans un manuscrit en latin et datant du 14e siècle : il contient, entre autre, les aveux tirés des Templiers de Coulommiers torturés.
Ce manuscrit est toujours conservé à la bibliothèque Nationale. Il fut retranscrit et édité par Jules Michelet, un historien du 19e siècle. Le problème de lecture de l'écriture est donc résolu mais le texte est toujours en latin et nécessite une traduction.
Passé ce problème, on peut en tirer les conditions d'arrestation des Templiers de Coulommiers et même connaître le nom des frères et du commandeur, présents sur le site à ce moment.

PROCES DES TEMPLIERS


"Item frater Jacobus le Vergus de Rebes in Bria, morans apud Fresneyum, eodem modo contituitus, juratus et interrogatus, dixit per juramentum suum quod fuit receptus apud Coulommiers in Bria, per fratrem Johannem de Moncellis preceptorem baillivire de Bria, quadraginta anni vel circa sunt elapsi, presentibus fratre Roberto le Fouion preceptore dicte domus, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit. Dixit eciam per juramentum suum quod, post multas promissiones ab eo factas de statuis et secretis ordinis observandis, dictus recipiens ostendit sibi quamdam crucem veterem de ligno, et dixit sibi quod oportebat quod spueret ter supra crucem ; et hoc ipse fecit. Interrogatus de voto castitatis, dixit per juramentum suum quod injuctum fuit sibi quod ipse et alii fratres ordinis jacerent unus cum alio, si indigerent ; sed non credit, ut dixit per juramentum suum, quod fuit mala intencione. (…..) Interrogatus utrum vi, aut metu carceris seu tortumentum, aut alia quacumque de causa, aliquam falsitatem immiscuerit, aut veritatem tacuerit in deposicione sua, dixit per juramentum suum quod non ; immo puram dixerit veritatem."

Jules Michelet ed.., Le Procès des Templiers, Paris, 1841-1851. Rééd. 1887, pp 397-398.
D'après le manuscrit latin 11796 de la Bibliothèque Nationale, datant de 1309.

Traduction :
"De même le frère Jacques le Verge de Rebais en Brie, demeurant près de Fresney, arrêté ayant prêté serment, et ayant été interroge de la même manière, dit par son serment, qu'il fut reçu à Coulommiers en Brie par le frère Jean de Moncelle commandeur en Brie, il y a de cela, quarante ans ou à peu près, en présence du frère Robert le Fouion précepteur de la dite maison, et d'autres dont il ne se rappelle pas les noms. Il dit également par son serment, qu'après avoir fait de nombreuses promesses d'observer les règles et les secrets de l'ordre, le dit officiant lui tendit une vieille croix de bois et lui dit qu'il convenait qu'il cracha trois fois sur la croix, ce qu'il fit. Interrogé sur le vœu de chasteté, il dit par son serment qu'il lui fut enjoint que lui et les autres frères de l'ordre, dorment les uns avec les autres, si besoin en etait. Mais il ne croit pas, comme il le dit par son serment que se fut dans une mauvaise intention. (….) Comme on luit demandait si par la force, la peur de la prison ou des tortures, ou pour quelque autre cause, il avait introduit quelques mensonges ou tu quelques vérités, dans sa déposition, il dit que non, qu'au contraire il avait dit la vérité."

Les documents originaux sur l'époque Templière sont donc peu nombreux et difficiles à la lecture. Nous devons donc beaucoup au travail d'inventaire et d'archivage des Hospitaliers grâce à qui nous pouvons retracer des périodes qui leur sont antérieures. Ce phénomène confirme bel et bien que l'histoire est une connaissance par traces.

Les premières recherches historiques sur la commanderie de Coulommiers.


Anatole DAUVERGNE

Ce peintre et érudit, né à Coulommiers, d'une vieille famille de la région, vécut dans cette ville de 1812 à 1870. Il s'attacha notamment à étudier l'histoire de Coulommiers, mais il nous intéresse surtout ici pour un article qu'il consacra à la commanderie de Coulommiers et à sa chapelle.

Anatole Dauvergne, "Notice sur la chapelle de l'ancienne commanderie de l'Hopital-sur-Coulommiers", Bulletin du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, tome II , 1853-1855.

Eugène MANNIER

Bien que plus archiviste qu'historien, Eugène Mannier a étudié notamment les commanderies de l'ordre de Malte dans le Grand Prieuré de France au point d'écrire un bref historique sur chacune d'entres elles. Il nous laisse donc un énorme ouvrage pour lequel il a effectué un dépouillement global du fond de l'ordre de Malte concernant l'Ile de France aux Archives Nationales. La commanderie de Coulommiers fut incluse dans ce dépouillement et bénéficia donc d'un résumé historique basé sur ses archives.

Eugène Mannier, "Ordre de Malte. Les commanderies du Grand Prieuré de France", Paris, 1872. Rééd. Brionne 1987

Les Etudes Historiques


Christiane GRANGIER

Christiane Grangier fit une thèse en 1955 sur les commanderies de Templiers en Seine et Marne. La commanderie de Coulommiers en fait partie et dispose, vu le petit nombre de commanderie étudiées, d'une approche plus précise que précédemment.

Jean SCHELSTRAETE

Jean Schelstraete est connu sur le site autant pour avoir contribué à l'organisation du sauvetage de la commanderie de Coulommiers par les chantiers de bénévoles que pour avoir écrit en 1968 l'unique ouvrage consacré exclusivement à l'histoire de la commanderie de Coulommiers.
Cet ouvrage dresse l'historique général de la commanderie depuis sa fondation jusqu'à nos jours, décrit l'ensemble des lieux et raconte le commencement des chantiers de restaurations du site.
Jean Schelstraete, "La Commanderie des Templiers sur Coulommiers", Paris, 1968.

Les Analyses Architecturales


Hervé BAPTISTE

Architecte en chef des Monument Historiques, Hervé Baptiste a longtemps participé et dirigé les chantiers de restauration de la commanderie et continue d'encadrer un stage de restauration annuel.
Sa thèse d'architecture fut consacrée à la commanderie de Coulommiers : il en dresse des plans ainsi qu'une analyse architecturale et pathologique sur l'état du bâtit existant.

Gérard FLEURY

Etudiant en architecture il fit un mémoire sur la commanderie de Coulommiers en 1992. Son étude nous donne une approche très intéressante, voire essentielle sur l'état et la dégradation du site, stabilité du logis et de la chapelle, environnement urbain, évacuation des eaux de pluie et donc de l'humidité importante sur le site.
Ce travail a permis de disposer d'un état général du site en 1992.
Gérard Fleury, "La commanderie Templiere de Coulommiers, mémoire de 2e année, Ecole d'architecture de Paris-Villemin", 1992.

La Commanderie Aujourd'hui


Après le départ du dernier fermier en 1964, la commanderie de Coulommiers était vouée à disparaître face à l'urbanisation du Theil.
Elle est heureusement sauvée in extremis par une association qui rappelle l'importance de ce lieu fondé au 12e siècle par les Templiers et entreprend les premières restaurations.
En fait, la commanderie de Coulommiers doit son salut non seulement à sa restauration mais aussi, et surtout, à sa réutilisation.


pour une bibliographie plus complète... Bibliographie
  1. "Les Sites Templiers en France"
    Jean Luc Aubarbier et Michel Binet ; Éditions Ouest-France 1997
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