Livre de Saint-Bernard aux Chevaliers du Temple
Louange de leur Nouvelle Milice

  1. Avertissement
  2. Prologue
  3. Chapitre 1 - Louange de la nouvelle milice
  4. Chapitre 2 - De la milice séculière
  5. Chapitre 3 - Des soldats du Christ
  6. Chapitre 4 - Vie des soldats du Christ
  7. Chapitre 5 - Le Temple
  8. Chapitre 6 - Bethléem
  9. Chapitre 7 - Nazareth
  10. Chapitre 8 - Le mont des Oliviers et la vallée de Josaphat - page actuelle
  11. Chapitre 9 - Le Jourdain
  12. Chapitre 10 - Le Calvaire
  13. Chapitre 11 - Le Sépulcre
  14. Chapitre 12 - Bethphagé
  15. Chapitre 13 - Béthanie

CHAPITRE VIII - Le mont des Oliviers et la vallée de Josaphat

  1. 14. Montons sur le mont des Oliviers et descendons ensuite dans la vallée de Josaphat, afin de tempérer la pensée des trésors de la Miséricorde divine par la crainte du jugement dernier; car si Dieu est plein de miséricorde pour pardonner, ses jugements n'en sont pas moins un abîme de terreur pour les enfants des hommes.
    Si David parle de la montagne des Oliviers, quand il dit: « Seigneur, vous sauverez les hommes et les bêtes selon l'abondance de votre infinie miséricorde (Psalm. XXXV, 7), » il fait allusion dans le même psaume à la vallée du jugement dernier, quand il dit: « Que le pied du superbe qui me poursuit ne vienne point jusqu'à moi, et que la main du pécheur ne réussisse point à m'ébranler (ibid., 12). »
    Il nous fait assez connaître la terreur que lui inspire la pensée des gouffres de cette vallée, quand il s'écrie ailleurs, au milieu de sa prière: « Seigneur, pénétrez ma chair de votre crainte, vos jugements me remplissent de frayeur (Psalm. CXVIII, 120). »
    L'orgueilleux est précipité dans cette vallée et s'y brise; l'humble y descend et ne court aucun danger.
    L'orgueilleux excuse son péché, l'humble au contraire le confesse, parce qu'il sait bien que Dieu ne juge pas une seconde fois celui qui est jugé, et que si nous nous jugeons nous-mêmes, nous ne serons pas jugés (I Corinth., XI, 31).

  2. 15. Mais l'orgueilleux, oubliant combien il est horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, se laisse facilement aller à des paroles de malice et ne songe qu'à chercher des excuses à ses péchés.
    C'est en effet une malice bien grande que de n'avoir pas même pitié de toi, ô orgueilleux, et de repousser loin de toi; après ta faute, ce qui peut seul en être le remède, c'est-à-dire la confession de ta faute; d'aimer mieux renfermer des tisons allumés dans ton sein que de les rejeter loin de toi et de ne tenir aucun compte de ce conseil du Sage : « Aie pitié de ton âme en te rendant agréable à Dieu (Eccli. XXX, 24). »
    D'ailleurs pour qui est bon celui qui n'est pas bon pour lui-même ?
    C'est maintenant que le monde est jugé et maintenant aussi que le prince de ce monde doit être chassé dehors, c'est-à-dire hors de ton coeur, pourvu que tu t'humilies et que tu te juges toi-même.
    Le jugement du Seigneur se fera quand le ciel lui-même sera appelé d'en haut par Dieu et la terre appelée d'en bas, pour faire en leur présence le discernement de son peuple.
    C'est alors que tu auras lieu de craindre d'être précipité avec Satan et ses anges, s'il se trouve que tu n'as pas encore été jugé.
    Quant à l'homme spirituel, comme il juge tout, il n'est lui-même jugé par personne (I Corinth., II, 14).
    Voilà donc pourquoi le jugement commence à se faire dans la maison même de Dieu; de cette manière, le juge, quand il viendra, trouvera les siens, ceux qu'il tonnait pour lui appartenir, déjà jugés; il n'aura plus besoin de les juger puisqu'il ne doit juger que ceux qui ne participent point aux travaux ni aux fatigues des hommes, et n'éprouvent point les fléaux auxquels les autres hommes sont exposés (Psalm. LXXII, 5).


Publié grâce à l'aimable autorisation de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais, 1897 Le Bouveret (VS) SUISSE
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