Gérard Tunc (????-1120/1121)

Maître de l'Ordre de ???? à 1120 ou 1121

Gérard Tunc, originaire de la ville de Martigues en Provence, qui avait puissamment secondé les fondateurs de l’Hospice de Sainte-Marie Latine, en prodiguant ses soins, ses veilles et ses aumônes aux malades à tel point qu’il fut nommé dans l’Orient le "Père des Pauvres".
Une foule de croisés expirants furent par lui rappelés à la vie. Ce noble et généreux dévouement frappa d’admiration plusieurs chevaliers de haut rang qui faisaient la guerre en Palestine, et qui ne balancèrent pas à suivre son exemple et à le seconder dans l’exercice de sa charité.

Godefroid de Bouillon lui-même, devenu seigneur de Jérusalem, l’honora de plusieurs visites, et fit cession à l’hospice de plusieurs de ses domaines dans le Brabant ; presque tous les souverains et un grand nombre de seigneurs ne se montrèrent pas moins généreux, et l’on vit alors ces frères hospitaliers, dotés d’un revenu triple de celui de beaucoup de rois, continuer cependant à se nourrir d’un pain grossier, s’imposer toutes sortes de privations, et réserver leurs richesses pour leurs malades.

On cite encore parmi les bienfaiteurs de l’Ordre, à cette époque (1100), Gunzelin, comte de Schwerin, et Henri son frère, de l’illustre maison de Mecklembourg, qui se trouvaient alors à la Terre Sainte, et qui donnèrent aux Hospitaliers plusieurs biens situés en Allemagne.

Vers l’an 1100, Gérard donna une stabilité à sa nouvelle institution, en engageant ses frères hospitaliers à prendre l’habit religieux ; il reçut dès lors du patriarche de Jérusalem le manteau noir, orné d’une croix de toile blanche, et fit les vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté.
Ses frères suivirent son exemple, et se soumirent à sa règle ; il les gouverna sous le titre de Prévôt et de Gardien.
Le pape Pascal II approuva son ordre par la bulle du 15 février de l’an 1113, et voulut qu’à sa mort, les frères seuls eussent le droit de lui nommer un successeur.
La même bulle ordonne que les hôpitaux qui avaient été fondés à la voix de Gérard dans diverses contrées du Monde, et notamment à Saint-Gilles en Provence, à Asti, à Pise, Basi, Otrante, Tarente, Messine, lui demeurent soumis comme des membres à leur chef. Cette bulle fut confirmée en 1120 par le pape Calixte II.

Gérard, dans ces entrefaites, avait fait bâtir une église magnifique qu’il mit sous l’invocation de Saint-Jean Baptiste et autour de laquelle il établit ces vastes hôpitaux, dont les frères devaient un jour remplir le monde de la gloire de leur nom, de leurs services et de leur vertu.

Il mourut en 1120 ou 1121. Ses vertus l’ont fait mettre par la voix publique au rang des bienheureux.
Son corps qui gisait à Jérusalem, fut transporté successivement à Rhodes, à Chypre, à Malte et enfin à Manosque en Provence, en 1534.
Le commandeur Jean de Boniface le fit déposer en 1537 dans la chapelle des comtes de Forcalquier qui appartenait à l’Ordre.

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  1. "L’Ordre de Malte - Ses Grands-Maîtres et Ses Chevaliers"
    M. de Saint-Allais; Paris 1839
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