Guillaume de Châteauneuf (????-1259)

Maître de l'Ordre de 1244 à 1259.

Maréchal de l’Ordre au moment de la bataille de La Forbie, il est sans doute l'un des rares survivants de ce massacre. C'est sans doute à la fin de l'année 1244 qu'il est élu pour remplacer Pierre de Vieille-Bride, mort ou captif après cette même bataille.

En 1249, il rejoignit le roi de France Louis IX au siège de Damiette. Il fut fait prisonnier le 5 avril 1250 lors de la bataille devant La Mansourah, que le frère du Roi, le comte d’Artois avait engagé.
On crut d’abord parmi les siens qu’il avait été tué. Lorsqu’on sut qu’il était captif, on suspendit, suivant l’usage, dit Mathieu Paris, la bulle de plomb de l’Hôpital jusqu’à ce qu’on fut assuré de sa délivrance.
Il resta près de 18 mois dans les fers, d’où il ne sortit qu’au moyen d’une très forte rançon.

Remis en liberté, il alla rejoindre ses frères en Palestine et arriva le 17 octobre 1251 à Saint Jean d’Acre.
Peu de temps après son retour, une nouvelle irruption de Kharismiens en Palestine, sous la direction de Barka-Khan, que Joinville qualifie Empereur des Perses, jeta de nouveau la consternation dans le pays.
Le Grand Maître Guillaume relève le courage des Francs et les engage à se défendre. Il inspire la même résolution au sultan d’Alep ; et ayant fait alliance ensemble, ils se joignent à Gauthier de Brienne, comte de Jaffa, et marchent de concert chacun à la tête de ses troupes contre ces barbares.
Les ayant atteints, ils en vinrent à une bataille où le corps commandé par le sultan d’Alep fut taillé en pièce. Gauthier, abandonné par ses gens qui prirent la fuite, fut pris avec le Grand Maître de l’Hopital et un grand nombre de ses chevaliers, et emmenés à Babylone.
Le brave Gauthier paya pour tous. Les marchands de cette ville l’ayant demandé au sultan, le mirent en pièces pour se venger des dommages qu’il leur avait causé par ses courses.
On fit grâce aux autres prisonniers et ils retrouvèrent même à peu de frais leur liberté.

Pendant le magistère de Guillaume, les querelles des Hospitaliers et des Templiers se renouvelèrent.
Guillaume de Chateauneuf veilla avec la plus grande sévérité à l’exécution des statuts de l’Ordre. On cite à cet égard qu’un jour, des Hospitaliers ayant insulté un français, le Grand Maître les condamna à manger par terre sur leurs manteaux, et tandis qu’ils étaient soumis à cette pénitence, il leur était défendu de repousser même un chien qui s’approcherait de leurs plats.

Les frères obtinrent vers cette époque, l'autorisation du pape de parler au réfectoire quand ils recevraient des seigneurs étrangers. Auparavant un silence rigoureux leur était prescrit. Jusqu’à ce Grand Maître, l’habillement commun à chaque chevalier était une longue robe noire de laine, descendant jusqu’aux pieds, recouverte d’un manteau noir, auquel était attaché un capuce pointu, ce qui le fit nommer manteau à bec ; une croix blanche était cousue sur le coeur .
Mais sous le magistère de Guillaume de Châteauneuf, le pape Alexandre IV, par une bulle d’août 1259 adressée d’Agnani, établit une différence entre l’habit des frères servants et celui des chevaliers ; il ordonne que les chevaliers, pour les distinguer des autres frères de l’Ordre, porteront en temps de paix des manteaux noirs, et que lorsqu’ils iront en guerre, ils auront des soubrevestes rouges, en forme de dalmatique, avec une large croix de toile blanche sans pointes, par devant et par derrière. Ce grand-maître mourut en octobre 1259.

Maître précédent : Pierre de Vieille-Bride - Maître suivant : Hugues de Revel

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  1. "L’Ordre de Malte - Ses Grands-Maîtres et Ses Chevaliers"
    M. de Saint-Allais; Paris 1839
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