La commanderie de Jalès

Source : Jean Férole - Association des Amis de la Commanderie Templière de Jalès - www.berrias-et-casteljau.fr

    Sommaire des pages sur ce thème :
  1. la présentation du site (page actuelle)
  2. la banque d'images
France, département de l'Ardèche

France, département de l'Ardèche, sur le territoire de la commune de Berrias-et-Casteljau , à environ 40 Km au nord d'Alès.

Les origines du site

En 1131 Hugues de Rigaux reçoit des mains de Bernard Pelet dont le père Raymond avait suivi le Comte de Toulouse lors de la première croisade, le Mas de Salzet dans les Cévennes. Ce don amorce la constitution de la Commanderie de Jalès.
Les templiers construisent à Jales dès 1140 des bâtiments utiles aux besoins spirituels et conventuels de l'Ordre ainsi qu'à leur activité agricole.
Ce site offre un point de vue remarquable de 360° et le contrôle des Cévennes. Il offre un grand espace pour les manœuvres et est traversé par des axes stratégiques et de transhumance du bétail du Languedoc vers le Tanargue.
La présence d'un puits de grande profondeur, plus d'une quarantaine de mètres, ajoute au caractère remarquable du site.
Jalès et Trigance étaient à l’origine deux commanderies distinctes, qui n'en formèrent par la suite (1383) qu'une seule sous le nom de Jalès : c'était une des plus riches et des plus vastes du sud de la France. Cette commanderie comprenait "un chef" et des "membres" .

  1. Le chef de Jalès en Vivarais consistant en un château avec justice et juridiction entière sur 43 villages, et sur le moulin de Berre : l'Ordre l'avait acquis par donation et ventes.
  2. Le membre de Berrias , avec église et divers, avait été donné aux Templiers par Pons de Berrias en 1147 et par Raymond comte de Melgueil en 1185.
  3. Le membre de Banne : église et prieuré, donnés par bulle de Gregoire VIII , en 1187, et le péage du Petit Paris acquis en 1152.
  4. Le membre de Chandolas , prieuré primitif, dîmes, passage de la barque sur la rivière de Chassezac (1186 , donation par Nicolas , évêque de Viviers ) , directes et droits de dépaissance au terroir de Gropierre ( 1215 , testament d'Alde , femme d'Étienne Roux ) ; directes de Barjac , Joyeuse , Plansoles , Rosières , Sénilhac , la Blachère , Bec-de-Jun , Saint André de Cruzières , Beaulieu , Bessas , Entraigues , Courres ( : Courry ? ) , etc...
les bâtiments vus du nord

Jalès au 18ème siècle

A la disparition de l’Ordre du Temple, Jalès fut confié aux Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, futurs chevaliers de Malte.
Elle fut en partie fortifiée au 14ème siècle. Au 18ème siècle, l’un des commandeurs, Pierre-Emmanuel de Lauberivière, fit rénover et agrandir la commanderie. La visite du 28 août 1763 donne une idée de l’état des lieux :
« Visite du château de Jalès. C'est le chef de la commanderie (paroisse de Berrias, en Vivarais ). Il forme un grand carré, entouré d'une double enceinte de murailles, dont les parties du levant et du nord ont été faites à neuf par le commandeur actuel. Aux angles des premiers murs d'enceinte, trois guérites en pierre de taille, couvertes de briques vernissées, au sommet desquelles le commandeur actuel a fait placer des girouettes portant la croix de l'ordre.
Aux quatre angles du château, guérites semblables. Jardin clos de murs, avec treille. De chaque côté du portail du verger, on trouve un "galabert". Prison voûtée, avec une petite fenêtre à double grille.Le geôlier a la garde des fers pour les pieds et les mains.
Écuries. Beau puits au milieu de la cour du château. Trois supports de fer ouvragé soutiennent la poulie et la croix de l'ordre. La façade du château présente deux pavillons. Celui du couchant sert de cage d'escalier ; le second de salle d'audience pour la justice.
La grande porte du château conduit dans un vestibule. Elle est de bois sculpté. Le fronton de la façade porte les armoiries de la religion écartelées avec celles du grand maître Emmanuel Pinto. Le vestibule est voûté, et se termine au levant par une grande porte cintrée. Grand salon voûté. Cave. Cuisine. Un escalier en pierre de taille mène aux appartements d'hiver. Balustrade de fer ciselé. Salle à deux grandes fenêtres, avec belle cheminée à chambranle en noyer sculpté. La chambre neuve est une des plus belles du château. Appartement d'été. La porte des archives est en chêne recouvert de fer. Il y a deux rateliers et vingt fusils pour la garde du château. Belles armoires. Grand bureau où quatre personnes peuvent écrire.
Nouvel appartement, fait pour le commandeur, depuis la dernière visite. Une jolie chambre voûtée sert à loger les prêtres qui disent la messe à la chapelle du château.

La révolution à Jalès

En 1790, le Vivarais est encore très marqué par les affrontements entre protestants et catholiques.
Les premiers, à la suite de Boissy d'Anglas, ont majoritairement adhéré au mouvement réformateur. Des massacres de catholiques dans le Gard entre le 13 et le 15 juin provoquent une explosion de colère chez les seconds.
Un camp de protestants armés s'étant réuni dans la plaine de Boucoiran, Louis Bastide de Malbosc, maire de Berrias, royaliste convaincu, à l'idée d'un camp catholique dans la plaine de Jalès. Ce premier "Camp de Jalès" se présentera toutefois comme loyal au pouvoir en place.
Maires et officiers municipaux des 5 cantons d'Ardèche méridionale sont invités à se rendre le 18 août avant 10 heures à Jalès avec leurs gardes nationales. D'après les Archives nationales, entre 30 000 et 40 000 hommes auraient convergé vers Jalès ce matin-là !
Rassemblement ambigu où l'on jure fidélité à la Loi et au Roi et où se retrouvent à la fois des catholiques désireux d'en découdre avec les protestants du Gard et des patriotes légalistes. Les esprits finissent par se calmer mais l'affaire fait grand bruit en Vivarais et dans tout le pays.
Février 1791, en réaction à la constitution civile du clergé, l'élite de l'opposition aristocratique et catholique se réunit à Berrias chez Louis de Malbosc. Des bruits de massacres de catholiques circulent de nouveau et créent un climat quasi insurrectionnel. Malgré l'interdiction des autorités départementales, un nouveau rassemblement armé s'organise entre le 20 et le 23 février. La réaction des troupes adverses, la division des "fédérés", le retrait de Louis de Malbosc qui perdra la vie dans des circonstances non élucidées, tout cela conduira ce second camp de Jalès à l'échec.
Le troisième et dernier camp de Jalès en 1792 est aussi connu sous le nom de "Conjuration de Saillans". Il s'agit clairement d'une tentative contre-révolutionnaire menée par le Comte de Saillans et le prieur de Chambonas, Claude Allier. Objectif : en lien avec les princes émigrés, protéger Louis XVI et rétablir l'ancien régime.
Début juillet, le complot est découvert, Saillans, qui n'a pu lever que 1500 hommes, se réfugie au château de Banne qu'il prend de force. Il y sera défait et décapité place de la Grave aux Vans le 12 juillet.

Les temps modernes

Vendue comme bien national en 1793, la commanderie sera divisée par la suite en plusieurs lots dont les propriétaires utiliseront les bâtiments comme habitations ou comme locaux agricoles. C’est grâce à cela que Jalès n’a pas été transformée en carrière de pierre comme de nombreux édifices religieux à cette époque. De nouveaux bâtiments ont même été édifiés au 19ème siècle, du temps où l’élevage du ver à soie était à son apogée. Aujourd’hui, Jalès appartient toujours à plusieurs propriétaires privés, mais la majeure partie de l’édifice est détenue par un organisme dépendant du conseil général de l’Ardèche.
Un laboratoire du CNRS, l’Institut de Préhistoire Orientale, y est installé. Une autre partie de l’édifice se visite en été et sur réservations hors saison.
C’est l’une des très rares commanderies d’Europe dans laquelle on retrouve la quasi totalité des bâtiments d’origine.


Plus de ressources sur le Web... Sources sur Internet
  1. "Association des Amis de la Commanderie Templière de Jalès"
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