Karl von Oeren dit "von Trier" (12??-1311)

Source : Agnieszka Staf

Maître de l'Ordre de 1311 à 1324

Il est originaire de Trier (Trèves), d'une famille riche et bourgeoise, qui prend son nom "von Oeren", du château pittoresque situé au bord de la Moselle, leur siège familial. Le père de Karl, Jakob, comme beaucoup de ses ancêtres, exerce une fonction d’échevin qui lui procure une certaine position sociale. Il a probablement deux fils et trois filles qui entrent dans un monastère cistercien. Ses fils entrent dans l’Ordre Teutonique, un devient grand maître, l’autre est mentionné dans les documents comme le commandeur de la province de Lorraine en 1306 et commandeur de Coblence en 1325.

Karl von Trier est très cultivé. Il parle bien latin et français et pendant les discussions avec le pape et les cardinaux, il se passe des services des interprètes. Dans l’Ordre Teutonique, c’est quelque chose d'exceptionnel et sa carrière rapide, malgré son origine modeste et bourgeoise, ne nous étonne pas. En 1291, il est mentioné comme le commandeur de la baillie de Champagne et il exerce cette fonction jusqu’à son élection comme grand maître quoiqu'on trouve son nom aussi comme maître de la province de Lorraine et de Bourgogne. Probablement grâce à ses liaisons avec le milieu ecclésiastique de Beauvoir, il utilise le surnom de "Beffart".

En 1303, sa position dans l’Ordre doit être très élevée car il prend part au chapitre général à Elbląg pendant lequel Gottfried von Hohenlohe démissionne et Siegfried von Feuchtwangen est élu grand maître de l’Ordre Teutonique. Dès cet instant, Karl fait partie de la suite du nouveau souverain de l’Ordre, d’abord comme compagnon et ensuite comme grand commandeur. On le retrouve dans la suite du grand maître pendant un voyage à Palerme.

Karl von Trier est élu grand maître de l’Ordre Teutonique entre le 6 et le 26 juin 1311, après une courte régence de Heinrich von Plotzke. Karl est un homme très énergique, bienveillant et il a beaucoup de talents d’organisation. Dès octobre 1311, il commence des actions pour renforcer la puissance de l’Ordre qui montre alors les premiers signes de changement d'un ordre militaire en une confrérie laïque chevaleresque. Il organise quelques expéditions contre les Lithuaniens. Il les combat avec un grand acharnement mais le sort des batailles est souvent indécis. Il n’est pas du tout gêné par l’excommunication lancée contre lui par le légat de pape, Francois de Moliano, à cause du conflit prolongé contre l’archevêque de Ryga.

La crise provient soudainement en 1317. Un groupe de frères des commanderies prussiennes, sous le commandement de Otto von Lutterberg, se révolte et, pendant la tenue du chapitre général à Malbork, exige la révocation de Karl von Trier de sa fonction. On ne connaît pas les causes exactes de cette révolte, il semblerait que comme dans le cas de Gottfried von Hohenlohe, il s'agisse de l’insubordination ouverte des commandeurs prussiens.
Karl von Trier s’incline devant la volonté du chapitre. Il annonce sa démission et demande de la permission de retourner dans sa ville natale de Trier. Dès qu’il l'obtient, il part en prenant avec lui l’anneau et sceau du grand maître. Il veux s’installer dans la maison construite par son père et vivre tranquillement de son héritage.

Karl doit jouir d'un grand respect car, comme le note le chroniqueur, "…aux bords du Rhin, les dignitaires allemands, les rois et les princes, le saluent…". Ce sont probablement eux qui, avec l’aide du pape Jean XXII, décident de sa ré-élection à la fonction de grand maître de l’Ordre Teutonique. Cet évènement a lieu pendant le chapitre général convoqué par le commandeur de la province d’Allemagne, Eberhard von Salzberg, à Erfurt, le 12 mars 1318. Pourtant, Karl von Trier, pressé par ses partisans de revenir au magistère, renonce à la proposition. Il reste en Allemagne et ne retourne plus jamais en Prusse. Il reste quand même le défenseur des affaires de l’Ordre Teutonique. A Avignon, il défend l’Ordre dans la dispute avec l'archevêque de Ryga et provoque la conclusion que les dignitaires de l’église en Prusse et Livonie sont reconnus comme sujets de l’Ordre. En 1323, il provoque aussi la décision du pape défavorable pour la Pologne au sujet de la Poméranie Orientale (Région de Gdańsk).


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  1. "Poczet Wielkich Mistrzòw Krzyzackich"
    Pawel Pizunski; Wydawnictwo "Arenga"
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