La Commanderie du Mas-Déu

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France, département des Pyrénnées Orientales

France, département des Pyrénées Orientales, à environ 10 km au sud-ouest de Perpignan, commune de Trouillas.

Après le concile de Troyes de 1128, Hugues Rigaud(1) est chargé de se rendre en Catalogne pour y recueillir les premières donations et s'assurer des premières implantations de l'Ordre dans cette région.
En 1132, il reçoit les premières donations faites par le seigneur Guillaume de Villemolaque et le seigneur Bernard de Banyuls Dels Aspres. Ces donations concernent une métairie, ses dépendances ainsi que le gens qui y habitent.
En 1133, une donation faite par Dona Azalaïdes d'un alleu vient compléter les premières. Cet alleu prendra le nom de Mas-Déu.

En 1137, ce nom apparaît pour la première fois dans des chartes. En 1138, les Templiers édifient une chapelle à cet endroit sous le vocable de Sainte Marie. On peut ainsi voir que 5 ans après les premiers dons, les Templiers ont déjà pu fonder un important centre nécessaire à leurs actions comprenant une maison, une église et le cimetière qui va avec.

La commanderie va continuer à se développer et vers la fin du 12ème siècle, on voit apparaître ses premières dépendances : les commanderies de Palau-del-Vidre et du Mas de la Garrigue. Au début du 13ème siècle, c'est une maison à Perpignan qui apparaît et d'autres dépendances dans le Roussillon et en Fenouillèdes.
L'importance qu'acquiert la commanderie en fait vite une imposante forteresse ainsi qu'un lieu de rassemblement pour les départs de guerriers vers la péninsule ibérique et la Reconquista.

Raymond de Saguardia, commandeur du Mas-Déu à la fin du 13ème et maître du Temple pour la province, continue à asseoir la puissance de l'Ordre dans la région et est un des plus important conseiller du roi de Majorque.
Sous son égide, le Mas-Déu continue à se développer et installe de nouvelles implantations, comme par exemple à Saint-Hippolyte et Pont-Couvert-sur-Réal.

En novembre 1307, le roi de Majorque reçoit une lettre de Philippe le Bel datée du 26 octobre de la même année annonçant la découverte des crimes commis par les Templiers et l'exhortant à arrèter les membres de l'Ordre présent dans son royaume. Jacques II de Majorque répond à Philippe IV qu'il est stupéfait d'apprendre de telles informations à propos des chevaliers du Temple dont il ne peut que faire l'éloge et qu'il ne fera rien à leur encontre sans avoir reçu de directives du pape Clément V. Mais, pressé par le roi de France, ainsi que par les évêques de Valence et de Saragosse, ainsi que par l'inquisiteur pour la province d'Aragon, Jacques II se décide vers la fin novembre - début décembre à arrêter les Templiers présents dans son royaume.
La majorité des Templiers du Roussillon furent amenés et gardés sous bonne garde dans leur commanderie du Mas-Déu. A cette époque, Raymond de Saguardia est en mission en Catalogne lorsqu'il apprend l'arrestation des membres de son Ordre et se réfugie dans la forteresse templière de Miravet d'où il refuse de sortir et soutient le siège des forces du roi d'Aragon pendant une année entière. Après de nombreuses intervention d'émissaires royaux et papaux, un accord est trouvé et Raymond de Saguardia se décide à se rendre au Roi. Après avoir été gardé prisonnier à Miravet plusieurs mois, Raymond de Saguardia est remis au Roi de Majorque et reconduit au Mas-Déu pour y être gardé prisonnier en septembre 1309.

Avant le retour de Saguardia, les Templiers rousillonais n'avaient pas encore été interrogés. Ils étaient restés assignés à résidence pendant ces 2 ans. Ce n'est qu'en janvier 1310, avec le synode épisopal d'Elne, que la première commission d'enquête est mise en place et que les premiers interrogatoires débutent. Ceux-ci sont rondement menés et se terminent fin janvier. En 1312, l'Ordre est officiellement aboli par une bulle papale. En Roussillon, le concile régional règle le sort des Templiers dont aucun n'est reconnu coupable. Ils sont absous et astreints à résidence hormis ceux qui choisissent d'intégrer d'autres Ordres. Les Templiers qui ont survécu à toutes ces années d'emprisonnement sont gratifiés d'une pension qui atteind la somme de 7000 sols de Barcelone pour Raymond de Saguardia. Les archives ont gardé les noms de ces Templiers survivants ainsi que des sommes qui leur ont été allouées.

De nos jours, de l'imposante forteresse, il ne nous reste que la chapelle relativement bien conservée ainsi que des ruines du mur d'enceinte, des tours et de la maison du commandeur. La commanderie était bâtie sur un plan trapézoïdal avec une tour à chaque angle. Il ne reste les vestiges que de deux d'entre elles. En 1944, l'explosion du dépôt de munition que les allemands avaient installé dans ses murs à complètement détruit la maison des Templiers.
Devant la chapelle, le puit creusé par les Templiers est toujours là et offre toujours de l'eau aux occupants des lieux.
Aujourd'hui, la commanderie est située à cheval sur deux propriétés privées et n'est pas ouverte au public sans l'autorisation des propriétaires des lieux.

Notes :
(1)D'après certains auteurs, Hugues Rigaud serait l'un des "neuf premiers templiers", mais il n'est pas repris dans les listes que l'on retrouve le plus souvent. Quoiqu'il en soit, les informations à son sujet sont très rares.

pour une bibliographie plus complète... Bibliographie
  1. "Les Sites Templiers en France"
    Jean Luc Aubarbier et Michel Binet ; Éditions Ouest-France 1997
  2. "Templiers des Pays d'Oc et du Roussillon"
    Simon Jean ; Éditions Loubatières 1998
  3. "Les Templiers en Roussillon"
    Fernand Arnaudiès ; Éditions Belisane 1986
  4. "Les Hauts-Lieux Templiers"
    Daniel Gaillard ; Éditions Lacour-Redivia 2005
Plus de ressources sur le Web... Sources sur Internet
  1. L'Ordre du Temple en Pays Catalan par Robert Vinas
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