La grange templière de Renneville

Source : Alain Gallais et Thierry Garnier

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France, département de l'Eure

France, département de l'Eure, à environ 40 Km au sud de Rouen.

C'est dans l'Eure, au bord de la route N13, que se trouve, tout près d'osmonville, le village de Sainte-Colombe-la-Commanderie, qui s'appelait autrefois Sainte-Colombe-la-Campagne.
Située au centre d'une vaste plaine agricole, la "Campagne du Neubourg", la Commanderie de renneville était, au Moyen Age, l'une des maisons Templières les plus prospères et les plus considérables de toute la Normandie.

Peu éloigné du Neubourg, cet établissement avait été fondé prés de l'ancienne voie romaine qui reliait Brionne à Louviers.
En 1147, Richard, fils cadet de Robert 1er , baron d'Harcourt, fit batir la chapelle Saint-Etienne de Renneville, et la donna aux Templiers, avec le fief qu'il tenait par héritage. A sa mort, il fut enseveli dans cette chapelle.
Un gisant l'y représentait,couché et revetu de sa cotte de mailles, les yeux fermés, les mains jointes, portant son épée et son bouclier.
Sur la pierre tombale était gravée cette inscription: "Ci-git frére Richard de Harcourt, chevalier del commandement de la chevalerie del Temple, fondateur de la maison de Saint-Etienne".
Aprés avoir été reçu chevalier dans l'Ordre du Temple, le seigneur de Renneville était en effet devenu, vers 1140, le premier commandeur de Saint-Etienne.
La demeure familiale de ce chevalier, le chateau d'Harcourt, existe toujours sur la route du Neubourg. Fondée au XI eme siécle, réaménagé au XIII eme, il a conservé les restes de son enceinte fortifiée.
Le gisant de Richard d'Harcourt a pu être sauvé : il se trouve dans la propriété de M.Capoen à Saint-Aubin d'Ecrosville, à cinq kilomètres au nord-est de Renneville.
A en croire des employés municipaux il serait maintenant conservé dans l'église de St Aubin d'Escrosville.

Aujourd'hui, Renneville est devenu un simple hameau. Au sud, la route d'Evreux à Lisieux traverse le village de "La Commanderie", dont le nom seul rappelle les origines.
Cette "Templerie" comprenait une chapelle, un grand manoir fortifié flanqué de deux tours, un colombier et des dépendances.
Passée des Templiers à l'Ordre de Malte, elle n'était plus, au siécles passé, qu'un simple poste aux chevaux, un relais utilisé par les diligences.
De tout ce vaste ensemble, il n'est presque rien resté.
De la commanderie, il ne subsiste plus que la grange, édifiée au XIII eme siécle, et quelques batiments du XVII eme .
Cette grange immense, un très bel édifice, a conservé tout son caractère médiéval.
Longue de 37 mètres et large de 15, elle est divisée en trois nefs. On remarquera surtout sa charpente en forme de vaisseau, chef-d'oeuvre des anciens compagnons charpentiers, pour qui le travail du bois n'avait plus aucun secret.

Ce long batiment, coiffé d'une vaste toiture, soutenue par d'épais contrefort, a une porte en anse de panier, datant des Hospitaliers : le blason de Philippe de Mailly, dixième commandeur de Saint-Etienne, est placé au-dessus de cette porte d'entrée.
Cette grange servait à abriter les récoltes du domaine : si l'on en juge d'aprés les dimensions du batiment, celles-ci devaient ètre considérables.
Le commandeur de Renneville possédait aussi une maison à Evreux, et une autre au Neubourg.

Ce lieu (Renneville) était considéré comme la commanderie phare de Normandie.
Ces vastes bâtiments moitiés féodaux, moitiés monastiques furent détruit en 1847.
Il ne subsiste effectivement qu'une grange dîmière. Dans un ouvrage datant de 1849 le commentateur raconte son passage sur les lieux de l'ancienne commanderie.
Il en décrit les ruines du manoir templier ainsi.
A l'extérieur: Des deux tours en pierre de taille en façade et des mur, il ne reste pratiquement rien.
A l'intérieur: Il aperçoit une vaste cheminée comportant des peintures et attributs héraldiques des Poutres parsemées de Fleurs de Lys , une pierre sculptée montrant un visage et les mains d'un chevalier Templier, une croix pattée et une inscription en gothique (Lect. L Denis natif de -MAINDER?- en Picardie lequel trépassa le dimanche trois jour de juillet l'an mille cinq cent et qu...)
4 blasons ou écussons:
Chargée de 2 faces
Une croix sur fond rouge
Une croix pattée
émaillée d'azur et trois maillets d'or au chef cousu et abaissé de gueule.
Ceci appartenait au Chevalier du manoir
Une peinture murale représentant la passion du Christ et "l'épitaphe" Ecce Homo.
Sur le Manteau de la cheminée trois autres vastes écussons soutenu par des griffons + trois casques ombragés de lambrequins, une grille dorée qui la surmonte.
Des débris importants de marbrures et arabesques peintes datant du XVI, XVII et XVIIIe siècle. Une crusfiction où le christ a les bras trés élevé fait dire à l'auteur serait un symbole janseniste.


pour une bibliographie plus complète... Bibliographie
  1. «Les Sites Templiers en France»
    Jean Luc Aubarbier et Michel Binet ; Éditions Ouest-France 1997
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