Roger des Moulins (????-1187)

Maître de l'Ordre de 1177 à 1187.

Roger des Moulins était issu d’une ancienne et très importante famille de Normandie. Au moment de son accession à la maîtrise de son Ordre, la jalousie entre Templiers et Hospitaliers conduisait déjà à de fâcheuses conséquences. En 1179, au mois de février, les deux Ordres ratifièrent un traité sur ordre du pape, mais cette paix ne fut ni durable, ni sincère. En plus de la discorde entre les deux Ordres, il régnait aussi une grande division entre ceux-ci et le clergé, lequel les accusait d'abuser de leurs privilèges pour ébranler l'autorité épiscopale. Les chevaliers, de leur côté, reprochaient aux prélats de porter la dureté envers les lépreux jusqu’à ne pas leur permettre d’avoir des églises particulières, bien qu’ils ne fussent pas admis dans les églises publiques.
Ces plaintes respectives ayant été portées au concile général de Latran tenu au mois de mars 1179, l’assemblée y fit droit, en ordonnant que les chevaliers se renfermeraient dans les bornes de leurs privilèges sans manquer à l’obéissance qu’ils devaient aux évêques, et que ceux-ci accorderaient une église, un prêtre et un cimetière particulier aux lépreux qui vivaient en communauté.

De son côté Saladin poursuivait ses conquêtes en Palestine. En 1184, Roger des Moulins, Arnaud de Toroge, maître de l'Ordre du Temple et le patriarche Héraclius se rendirent en Europe pour solliciter de nouveaux secours pour la Terre Sainte. Au cours de son voyage de retour pour la Terre Sainte, il aidât les Normands dans leur conquête de la Thessalonie. En 1187, accompagné de Gérard de Ridefort, successeur à la tête des Templiers d'Arnaud de Toroge, il fut envoyé par le roi de Jérusalem chez le comte de Tripoli pour négocier un traité entre eux. Ils arrivèrent le 30 avril à Nazareth où ils y reçurent un message du comte les avertissant d’éviter la rencontre du prince al-Afdal, fils de Saladin, qui devait faire une démonstration de force sur les terres des francs le lendemain, avec promesse de n’attaquer personne.
Au lieu de suivre cet avis, ils écrivirent en diligence à tous les chevaliers répandus dans les forteresses voisines de venir les rejoindre incessamment, et en ayant rassemblé cinq cent, ils allèrent le lendemain, 1er mai, provoquer le prince musulman dont la troupe était de sept mille cavaliers.
Le combat fut le plus acharné de tous ceux qui s’étaient donnés depuis le commencement des croisades. Presque tous les chevaliers restèrent sur la place avec le maître des Hospitaliers. Celui du Temple trouva son salut dans la fuite. Après la bataille les Hospitaliers cherchèrent le corps de leur chef et le découvrirent sous un tas de turcomans et de sarrasins qu'il avait passé par le fil de l'épée. Il fut porté à Ptolémaïs pour y recevoir les honneurs funèbres.

Maître précédent : Joubert de Syrie - Maître suivant : Garnier de Naplouse

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  1. "L’Ordre de Malte - Ses Grands-Maîtres et Ses Chevaliers"
    M. de Saint-Allais; Paris 1839
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