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Spain, province of Tarragona, about 70 km west of Tarragona, municipality of Ascó.
The fortress of Ascó was situated at a strategic and crucial location for the Muslims. Not only did it control and defend a crossing over the Ebro, but it also enabled them to protect and monitor river traffic between two of the region’s most important towns: Lleida and Tortosa.
Unfortunately, the exact date on which the armies of Ramon Berenguer IV(1), Count of Barcelona, succeeded in conquering the town of Ascó and its fortress is not known, but this undoubtedly took place at the time of the conquests of Tortosa and Miravet, that is to say, between 1151 and 1153.
Under the agreements concluded in Girona(2) in 1143 between Ramon Berenguer IV and the Knights Templar, the Order gradually acquired various rights and estates in Ascó from around 1167 - 1168 onwards, and took possession of the entire lordship around 1182 with the consent of KingAlfonso II.
It was probably around this time, around 1182, that the Order, having acquired a substantial estate, founded a preceptory in Ascó. Very few documents have survived from this period of the preceptory's creation. The first document mentioning a commander in Ascó is dated 1191, when Brother Folch, "preceptor Azchonis", made a donation to a certain Estève de Berniz of a waterwheel and some properties in the territory of Ascó.
Toujours en 1182, un accord est conclu entre l'Ordre et Ponç de Monells(3), l'évêque de Tortosa, pour régler un conflit à propos de la gestion financière et territoriale concernant la perception des impôts ecclésiastiques dans les terres récemment reconquises de la vallée de l'Èbre. Cet accord reconnaît d'une part l'importance du pouvoir de l'Ordre à Ascó, il fixe ensuite une clé de répartition précise quant au prélèvement des taxes et impôts dans cette région nouvellement colonisée et il oblige les Templiers à transférer la chapelle qu'ils détenaient dans le village à l'intérieur du château, afin que l'évêque puisse reprendre le contrôle de l'activité religieuse du village.
A la mort du roi Alphonse II en 1196, le château d'Ascó devient un enjeu dans le conflit qui s'installe avec le roi héritier, Pierre II et sa mère, la reine Sancha de Castille. L'accord intervenu entre les deux protagonistes inclus le retour d'une partie des droits et domaines d'Ascó entre les mains de la reine, en tant que douaire.
Ce n'est qu'en 1208, à la mort de Sancha de Castille, que Pierre II restituera l'ensemble des droits et des domaines à l'Ordre du Temple.
A partir de 1312, comme les autres possessions templières en Aragon, le domaine d'Ascó sera transféré à l'Ordre de l'Hopital de Saint-Jean, qui le rattachera à ses possessions d'Amposta. On ne sait pas exactement comment le château va évoluer au fil des siècles suivants, mais toujours est-il qu'actuellement il est complètement en ruines. Il n'en reste que quelques pans de murs et des fragments de deux tours d'angles.
(1)Ramon Berenguer (Raymond-Bérenger) IV de Barcelone dit le "Saint". Il est né à Barcelone en 1113 et mort à Borgo San Dalmazzo en Italie en 1162. Il est comte de Barcelone, de Gérone, de Cerdagne et d'Osona, de Ribagorce et Prince d'Aragon. Il est le fils du comte de Barcelone Ramon Berenguer III et de Dolça, fille de Gilbert Ier, vicomte de Gévaudan et de Gerberge d'Arles, comtesse de Provence. Il hérite de ses différents comtés à la mort de son père en 1131. En 1137, il signe un accord matrimonial avec le roi d'Aragon Ramire II qui promet la main de Pétronille (née l'année précédente) au comte de Barcelone dès qu'elle aura atteint l'âge légal de 14 ans. Ce mariage sera célébré en 1150. La signature de cet accord lui permet d'unir ses propres domaines à ceux de la couronne d'Aragon et de porter les titres de prince d'Aragon et de comte de Ribagorce. Profitant de l'affaiblissement des Almoravides, il fait la conquête de plusieurs grandes villes au sud de son territoire, dont Alméria, Tortosa et Lérida. Son règne est aussi impacté par la guerre qu'il mène contre ses voisins chrétiens du nord, les comtes de Toulouse et de Provence, dans ce que l'histoire appelle "La Grande Guerre Méridionale". Alors qu'il traverse les Alpes pour rencontrer l'empereur Frédéric 1er "Barberousse" à Turin, il tombe malade et meurt au début du mois d’août 1162.
(2)En 1134, le roi Alphonse 1er d'Aragon meurt sans héritier direct et lègue l'intégralité de son royaume aux ordres militaires de Terre sainte, principalement les Templiers et les Hospitaliers, créant une crise de succession majeure dans son royaume. Pour contourner ce testament impraticable, le moine Ramire II est porté au pouvoir, puis sa fille Pétronille est fiancée au comte de Barcelone, Raymond-Bérenger IV, unissant ainsi la Catalogne et l'Aragon. Les Templiers conservant leurs prétentions juridiques sur la couronne, Raymond-Bérenger IV négocie avec eux un compromis historique conclu à Gérone le 27 novembre 1143. Par cet accord, l'Ordre du Temple renonce officiellement à l'héritage d'Alphonse 1er en échange de concessions territoriales et fiscales considérables. Il reçoit immédiatement d'importantes forteresses comme Monzón, s'assure l'exemption de nombreuses taxes, et obtient le droit de conserver un cinquième des terres qu'il aidera à conquérir sur les musulmans. Ce pacte scelle l'engagement militaire massif des Templiers dans la Reconquista ibérique et pose les fondations de leurs puissantes commanderies dans la vallée de l'Èbre, notamment à Ascó et Miravet.
(2)Ponç de Monells est sans doute né dans les années 1115 - 1120 et mort en 1193. Il est le fils du seigneur de Monells, Berenguer de Monells et de sa femme, Sibil·la. En 1140, il devient abbé du monastère de de Sant Joan de les Abadesses. A la mort de l'évêque Jofre, il est nommé évêque de Tortosa en 1165, fonction qu'il cumulera jusqu'à sa mort avec celle d'abbé de Sant Joan. Il structure complètement le diocès établi sur les nouvelles terres conquises sur les musulmans et favorise le repeuplement de cette région de la vallée l'Èbre, notamment en concluant des accords capitaux avec l'Ordre du Temple sur le partage des dîmes et des droits paroissiaux.
