Pas de diaporama disponible

Israel, Mehoz (District) de Tel-Aviv

Projet BeaucéantLa Forteresse d'Arsouf

Israël, district de Tel-Aviv, à environ 14 km au nord de Tel-Aviv, ville d'Herzliya, Quartier d'Apollonia.

Les ruines de la forteresse hospitalière d'Arsouf
Les ruines de la forteresse hospitalière d'Arsouf
© Eyal Asaf - https://eyalasaf.com/

L'emplacement d'Arsouf est connu depuis la plus haute antiquité. Sans doute à l'origine un comptoir phénicien, l'endroit est cité comme Apollonia à l'époque hellénistique.

La ville connaîtra un essor important à la période romaine ainsi que pendant sa période byzantine. Au début du 7ème siècle, la ville est conquise par les Perses Sassanides avant de tomber aux mains de musulmans vers l'an 640. Ces derniers fortifieront une partie de la ville pour résister à des tentatives d'attaques maritimes par la flotte byzantine. C'est sans doute à partir de cette occupation musulmane que la ville prendra le nom de Arsùf (ou Arsouf).

Lors de la Première Croisade, la ville sera attaquée à plusieurs reprises, mais résistera aux armées de Godefroy de Bouillon.

Croquis de la ville et de la forteresse d'Arsouf
Croquis de la ville et de la forteresse d'Arsouf
© Crusader Castles in the Holy Land - Tome 2 : 1192 - 1302 sans doute d'après le dessin de Claude Reigner dans "The survey of Western Palestine Tome 2 - page 137 " - 1881/1883

C'est finalement en avril 1101, que Baudouin 1er parvient à s'en emparer grâce à l'aide d'une importante escadre génoise. Jusqu'en 1163, la ville fait partie intégrante du domaine royal.

En 1163, Amaury 1er décide d'en faire un fief vassal du royaume et le confie à un chevalier qui prendra le nom de Jean 1er d'Arsouf(1). En 1177, sans doute à la mort deJean 1er, la seigneurie est transférée à Guy d'Arsouf. dont on ne connaît rien non plus.

En août 1187, quelques semaines après la lourde défaite de l'armée chrétienne lors de la Bataille de Hattin, la ville et sa forteresse tombent entre les mains de Saladin. En 1190, devant l'arrivée imminente des troupes de la Troisième Croisade. Saladin ordonne le démantèlement de ses murailles.

En juillet 1191, après avoir réussi à repousser les troupes de Saladin qui assiégeaient Saint-Jean d'Acre, Richard "Cœur de Lion", assisté par de nombreux Croisés ainsi que par les Maîtres du Temple,Robert de Sablé, et de l'Hopital, Garnier de Naplouse, se dirige vers le sud pour reprendre d'autres villes tombées aux mains des musulmans. Début septembre, ils rencontrent l'armée de Saladin entre Arsouf et les marais de Birkat Ramadan situés au nord de la ville.

La Bataille d'Arsouf par Éloi Firmin Féron en 1843, Château de Versailles, Salle des Croisades.
La Bataille d'Arsouf par Éloi Firmin Féron en 1843, Château de Versailles, Salle des Croisades.
Source : Wikipédia/Wikiwand

Après une bataille intense et incertaine, les Chrétiens parviennent à mettre l'armée musulmane en déroute et investissent la ville.

Richard, entreprend alors la reconstruction des murailles de la ville et de sa forteresse et rend alors la seigneurie à Jean II d'Arsouf (on ne sait rien de lui non plus), le fils de Guy. En 1198, à la mort de celui-ci et sans héritier mâle pour lui succéder, la seigneurie revient à sa sœur, Mélissende qui se mariera en seconde noces en 1209 avec Jean d'Ibelin(2), alors régent du royaume de Jérusalem.

A partir de 1241, Jean II d'Ibelin(3) décide d'agrandir et de renforcer les défenses de la ville. Il entreprend alors la construction d'une imposante forteresse concentrique à l'emplacement de l'ancien fort au nord de la ville, le long de la côte. En 1261, son fils Balian II(4) renonce à la seigneurie et la cède (vente ou location, les sources ne sont pas claires à ce sujet) à l'Ordre de l'Hopital de Saint-Jean qui continue les travaux de fortification de la cité et de son château.

En mars 1265, Arsouf est assiégée par l'armée mamelouke, commandée par Baïbars(5) en personne. Après avoir supporté les assauts répétés des musulmans, la garnison hospitalière doit rendre les armes à la fin du mois d'avril. Les survivants sont emmenés en captivité. Baïbars décide alors de démanteler l'ensemble des fortifications et laisse une forteresse en ruines.

Projet Beaucéant

Notes :

(1)On ne connaît rien des origines de ce chevalier. Il est cité dans les sources directement sous le nom de Jean d'Arsouf (Johannes de Arsuth ou Johannes de Arsur), sans qu'il soit précisé son origine. Il est probablement un "poulain" dont le père est sans doute arrivé en Terre Sainte pendant ou juste après la Première Croisade.

(2)Jean d'Ibelin est né vers 1179 et est mort en 1236. Il est de fils de Balian d'Ibelin et de Marie Comnène, reine douairière de Jérusalem, veuve du roi Amaury 1er. Il est surnommé le "Vieux Seigneur de Beyrouth". Par sa mère, il est lié à la famille des rois de Jérusalem et est de facto le "demi-frère" de la future reine Isabelle de Jérusalem. En 1194, il est nommé connétable du Royaume de Jérusalem pour succéder à Aimery II de Lusignan qui deviendra roi de Chypre. Vers 1200, il se marie avec Helvis, fille de Raymond II, seigneur de Nephin et vassal du comte de Tripoli. En 1205, à la mort d'Isabelle & d'Aimery II de Lusignan, il est nommé régent du royaume durant la minorité de sa nièce, la future reine Marie de Montferrat. Veuf sans doute depuis 1208, il se remarie l'année suivante avec Mélisende d'Arsouf. Une fois sa régence terminée suite au mariage de Marie avec Jean de Brienne, il participe activement à la Cinquième Croisade. Il devient régent de Chypre en 1227 et entre en conflit ouvert avec l'Empereur Germanique Frédéric II de Hohenstaufen, ce qui provoquera ce que l'Histoire a retenu comme étant la "Guerre des Lombards". Gravement blessé à cause d'une chute de cheval en 1236, il décide d'entrer dans l'Ordre du Temple sur son lit de mort.

(3)Jean II d'Ibelin ou Jean d’Arsouf, est né vers 1211 ou 1212 et meurt en 1258. Il est le deuxième fils de Jean d’Ibelin, seigneur de Beyrouth et d'Arsouf, et de Mélisende d’Arsouf. Dans sa jeunesse, lui et son frère Balian sont retenus comme otages à la cour de l’Empereur Germanique Frédéric II. De retour en Terre Sainte, il soutient son père pendant la guerre des Lombards. En 1236, il se marie avec Alix d’Haïfa, fille de Rohard II d'Haïfa et d'Aiglantine de Nephin. La même année, il hérite de la seigneurie d’Arsouf à la mort de son père. Il participe à la Croisade dite "des Barons" en 1239 - 1240. Face aux menaces des Mamelouks, il renforce Arsouf et fait construire sa forteresse. En 1247, dans la continuité de la lutte entre la Papauté et l'Empire GErmanique, Henri 1er, roi de Chypre le nomme connétable et bailli du royaume de Jérusalem. Il participe ensuite à la Septième Croisade. Il meurt en 1258 de cause inconnue.

(4)Balian d'Ibelin ou Balian I d’Arsouf est né vers 1239 et mort en 1277. Il est le fils de Jean II d'Ibelin et d'Alix de Haïfa. En 1254, il se marie avec Plaisance d'Antioche, fille de Bohémond V d'Antioche et de Lucienne de Segni. En 1258, Il hérite de la seigneurie d'Arsouf à la mort de son père et se sépare de sa femme, qui ne peut lui donner de descendance. En 1261, il cède (vente ou location ?) la cité d'Arsouf ainsi que sa forteresse à l'Ordre de l'Hopital. Il se retire alors à Tripoli. Il est nommé Régent de Jérusalem en 1268, titre qu'il gardera jusqu'à sa mort en 1277

(5)Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, plus connu sous le nom de Baybars ou Baïbars. Il est né le 19 juillet 1223 au nord de la Mer Noire dans le territoire du Kiptchak (sans doute dans l'actuelle Crimée) et décédé le 1er juillet 1277 à Damas. Il est un sultan mamelouk d'Égypte de la dynastie des bahrite qui régna de 1260 à 1277.
Vers 1240, il est vendu comme esclave et envoyé en Egypte. Il est intégré dans la milice mamelouke et entre au service du sultan Ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps. En 1250, il participe activement au renversement de la dynastie Ayyoubide du Caire.
En 1260, il remporte une importante victoire contre les Mongols à Aïn Djalout. De retour au Caire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz,et se proclame sultan.
Par la suite , son objectif principal est la destruction de de qui reste des États croisés. Il s'empare de Césarée le 27 février 1261. Au cours des années suivantes, il parvient à s'emparer de plusieurs forteresses importantes : Safed (25 juillet 1266), Jaffa (7 mars 1268), Antioche (18 mai 1268) et enfin de "l'imprenable" krak des Chevaliers le 8 février 1271.Il meurt peut-être empoisonné, à Damas en 1277.

Projet Beaucéant
Projet Beaucéant
Route du Patrimoine Templier - Templars Heritage Route

Templiers.org - Christophe Staf
All Rights Reserved

Membre de la Route du Patrimoine Templier - Templars Heritage Route